"Premier contact"

"Premier contact"
Histoire de clarifier la situation, quoi!
Je suis une FILLE, je sais que mon pseudo ( => c'est Evans, rappelez-vous... M'enfin!) peut prêter à confusion, donc je précise! et j'écris. J'écris, j'écris, j'écris dès que j'ai un instant. Et puis depuis un bout de temps je me suis dit que je pourrais peut-être simplement faire lire ce que j'écris, demander l'avis d'autres personnes, leurs conseils,... J'ai donc créé une page web du genre skyblog mais c'était le bide total donc j'ai déménagé sur Skyrock, en espérant avoir plus de chance!

L'histoire que je veux partager ici est du genre fantasy, du genre "c'est mon premier roman..." aussi, j'avoue. En l'écrivant, je n'avais pas d'autre but que de raconter une histoire qui vivait dans mon imagination sans pouvoir en sortir; je n'y ai fait passer aucun message particulire, aucune influence religieuse, ni rien d'autre du genre, donc je ne pense pas que cela mérite censuration!

Voilà, c'est à peu près tout ce que j'ai à dire pour le moment...!

&v@n$

# Enviado el lunes 02 de abril de 2007 16:48

Modificado el lunes 02 de abril de 2007 17:22

Chapitre I

_Bip ! Bip ! Bip ! Bip!
« Oh, quelle barbe ce réveil ! » On connaît tous le refrain : chaque matin à 6h30 ça sonne, ça sonne, ça sonne, de plus en plus fort et de plus en plus aigu !
« Il faut que je me lève... Pffff... Pour cinq minutes de plus au lit, maman ne le saura jamais ! »
_Elyana ! Ely ! Elyana tu te lèves oui ? Il est 7h15 figure-toi, alors bouge-toi avant d'être encore plus en retard !
La voix de sa mère la réveilla en sursaut. Déjà 7h, le temps était passé vite... Et elle n'était encore qu'une affamée en pyjama ! Elle s'habilla en dix secondes et dévala les marches. Son déjeuner l'attendait sur la table, elle n'avait plus qu'a rajouter une couche de chocolat dans ses tartines, les engloutir et filer au collège donner sa nouvelle au rédacteur du journal de l'école.
Des bruits de pas dans l'escalier et un cri furieux lui firent lever la tête.
_Maman, Ely a encore mangé tout le choco !
« Tiens, voilà le petit traître qui me sert de frère ! »
_Elyana ! Tu es vraiment trop gourmande, c'est toujours pareil : tu n'en laisses jamais à Mathias !
Son blondinet de frère lui adressa une grimace ridicule. Il tirait la langue en plissant les yeux si fort qu'on en voyait plus même plus la couleur verte en dessous de ses sourcils.
_Je suis en pleine croissance, j'ai besoin de me nourrir, moi ! Et puis tu sais ce que c'est, le stress de l'écrivain... Tu comprends, essaya Elyana.
_Bon, soit, céda sa mère, qui venait d'entrer dans la cuisine avec une manne à linge sous le bras.
Ca en mit un coup à Mathias, évidemment. Il devrait (une fois de plus) se contenter de confiture ou de beurre de cacahuètes. Sur cette victoire, Elyana saisit sa veste et son sac et s'apprêtait à sortir quand sa «chèèère » mère l'interpella :
_Elyana, je suis très pressée ce matin et je n'ai pas le temps de conduire Titi à l'école. Marie et toi vous pourriez...
Mathias hurla un «oh non ! » désespéré et Ely lança un regard furieux à sa mère, Laure et à son frère. Elle savait très bien que Laure avait tout son temps mais qu'en réalité c'était sa manière de punir sa fille pour avoir vidé le choco et lui avoir répondu.
_Grouille-toi Titi, lâcha Elyana en serrant les dents.
Provocateur mais pas à ce point là, Mathias courut un peu partout pendant une ou deux minutes et sortit de la maison comme un boulet de canon.
_Au revoir maman !
_'lut...
_Bonne journée les enfants !
Sur la route de la maison de Marie Moulin, la meilleure amie d'Ely, qu'elle allait chercher chaque matin, Titi se mit à chanter une petite chanson dans laquelle il était le héros et sa s½ur, la vilaine sorcière. Inutile de préciser qu'à la fin de l'histoire, la sorcière était changée en crapaud et le héros devenait «le roi de la maison »... L'imagination sans bornes d'un gamin de neuf ans... C'est avec un certain soulagement qu'Ely aperçut enfin la maison des Moulin. Elle sonna et la porte s'ouvrit sur un homme à l'allure débonnaire.
_Ah, bonjour Elyana ! Ca va ce matin ? Allez, entre un peu...
_Bonjour, monsieur Moulin ! Je suis désolée je ne peux pas entrer ce matin : je dois conduire Titi à l'école...
Le père de Marie sembla déçu. Il faut dire que, depuis douze ans que Marie était sa meilleure amie et comme Elyana n'avait pas de père, il lui disait souvent qu'elle était comme une deuxième fille. Sa femme, Anne, ne manquait pas de le lui faire sentir aussi. Les Moulins étaient des gens adorables bien qu'un peu «trash » sur les bords.
_Marie ! Ely est sur le pas de la porte avec Mathias, dépêche-toi pour ne pas les mettre en retard.
Un bruit de cavalcade retentit dans la maison et Marie se rua hors de chez elle.
_A plus, p'pa ! N'oublie pas de nourrir Mouche, ajouta-t-elle après une hésitation.
_Mais oui, bien sûr que je vais le nourrir, ton rat ! Allez, filez !
Titi observa Marie avec un drôle d'air et avança :
_Je croyais que tu avais peur des rats et des souris...
_Bien sûr que j'en ai peur ! C'est vraiment affreux et dégueulasse ces bêtes-là ! Mais Mouche c'est pas pareil, il est trop mignon ! En fait Ely, tu penses quoi de ma tenue ? Ce sont les seuls vêtements que Mouche n'a pas troués ou utilisés comme litière...
Comme à son habitude, Marie était habillée comme elle seule osait le faire : un pull vert fluo avec une jupe bleu cyan, qu'elle avait assortis d'un sac et d'une paire de chaussures orange.
_Même ton rat ne te fera pas changer de goûts vestimentaires ma pauvre, répliqua Elyana le plus sérieusement du monde.
_Et toi alors, «miss dark », ils sont bien tes goûts ?
Ely regarda Marie avec étonnement et celle-ci éclata de rire. Mathias commençait à s'énerver et on ne l'avait jamais vu aussi heureux d'arriver à l'école que ce jour-là. Les chiffons n'intéressent pas les garçons, c'est un fait que les deux filles venaient de prouver. Sur la fin du trajet, Marie parla de sa nouvelle obsession : Olivier. Olivier était un grand type du genre sportif qui n'a rien dans le crâne. Elle trouvait qu'il ressemblait à on ne sait quel acteur en vogue. Sur le sujet Olivier, Marie avait tellement peu de choses à dire qu'elle les répétait en boucle toute la journée.
_Il est trop mignon, je l'adore ! En plus il sera capitaine de l'équipe de foot l'année prochaine, tu te rends compte ? Et il ressemble tellement à... Oh ! j'ai oublié de te dire, Ted Hawks a fait un nouveau film qui sort demain ! Mais l'avant première c'est ce soir ; évidemment ma...
_Ta mère ne veut pas que tu y ailles et tu devras attendre dimanche. Marie, ça fait bientôt trois mois qu'il est sortit en VO, trois mois que tu me bassines avec ton nouveau film de Ted truc...
_Hawks, Ted Hawks. C'est que Olivier lui ressemble tellement !
_J'espère pour lui que Hawks a plus de cervelle, marmonna Elyana.
Son amie lui adressa un regard furieux et recula de trois bons mètres en déclarant qu'elle ne restait pas avec «les incultes ». Elyana était morte de rire. Bien sûr, une fois dans l'école, Marie changea radicalement d'avis.
_Oh, Ely ! Il est juste devant toi !
_Comme quoi, quand on parle du loup...
_Il ressemble trop à Ted, s'extasia Marie, les yeux rivés sur Olivier.
Comme à chaque fois qu'elle le voyait, Marie était surexcitée et Elyana, super-agacée. Le pire arriva quand le garçon se retourna brusquement et se précipita vers elles.
_Bonjour Olivier, fit Marie avec un sourire béat.
Il ne la regarda même pas une seconde.
_Ah, salut Marine... Elyana, devine quoi !
« Encore une histoire à la untel veut sortir avec toi... »
_Tu vois Tom ? attaqua Olivier
_Tom ?
_Isaacs !
_Ah, répondit Elyana en levant les yeux au ciel.
_Eh ben, il veut sortir avec toi ! Il a plaqué Sophie hier... Si, si, j'te jure, c'est vrai !
_Vous êtes tous les mêmes... C'était très drôle, très intelligent mais on me l'a déjà faite, celle-là ! Allez, dégage.
Olivier s'en alla, vexé. Marie, de son côté, fulminait.
_Mais qu'est-ce qui t'a pris de lui dire de dégager, hurla-t-elle.
Elyana s'arrêta brusquement, prise d'un mal de tête fulgurant. Son amie l'observa étrangement.
_Ely, ça va ?
_Euh... oui, ça va...
_J'ai eu la frousse, t'étais devenue toute blanche un instant !
_Tu as dû rêver, s'énerva Elyana.
_Oui sûrement : tu n'as plus rien maintenant.
_Dans ce cas n'en parlons plus. Je vais déposer ma nouvelle au journal, tu viens ?
Marie acquiesça.
_Elle parle de quoi cette nouvelle ? Encore un policier ?
_Ben oui, je ne vais as me mettre à écrire des contes de fées !
_T'y crois pas, hein ?
_Bien sûr que non, se moqua Elyana. Tu sais, moi, les sorcières, les belles princesses et le prince charmant...
_Et la magie ?
_Prestidigitation !
_Et le coup de foudre ?
_N'importe quoi !
_La bonne étoile, l'ange gardien, le bon Dieu,... ?
_Marie !
_Tu crois en quoi, alors ?
_En la science, répliqua Elyana en lui adressant une grimace.
_C'est pas la science qui va m'aider à avoir Olivier, grommela Marie.
_Encore, s'étonna Elyana. Mais, Marie, je te parle de ma nouvelle et toi tu trouves encore le moyen de me parler de ton footballeur !
Marie leva à son tour les yeux au ciel et soupira bruyamment. Elyana passa ses écrits sous la porte de la salle du journal et la cloche sonna. Elles avaient cours d'histoire.
_Mais comment peux-tu détester ce cours, s'enquit Marie, c'est le plus amusant de tous !
_Je n'aime pas cette partie du cours : comme je te l'ai déjà dit, les chevaliers et les belles princesses...
_T'es chiante, Ely !
_Merci !
Elyana eut toutes les peines du monde à rester concentrée en classe. Le prof racontait les batailles du Moyen-Age. Il parlait des épées et des flèches comme un enfant parlerait d'un nouveau jouet reçu à Noël. Véritablement passionné par ce qu'il disait. Encore un qui ne vivait pas à la bonne époque !
_N'importe quoi, ne put s'empêcher de murmurer Elyana.
Elle dût soupirer un peu trop fort puisque le professeur, contrarié, s'arrêta devant sa table.
_Si ce que je raconte ne vous intéresse pas, mademoiselle Fontame, vous devriez le garder pour vous ! Il y a d'autres personnes ici que mon cours intéresse. Donnez-moi votre journal de classe, cela vous vaudra un avertissement.
_Ouah, il doit être vachement furax pour te vouvoyer, glissa Marie, impressionnée.
Dans le couloir, après le coup de sonnette libérateur, Elyana ruminait sa colère. Dans son sac, qui lui paraissait peser beaucoup plus lourd, la note attendait la signature de sa mère.
_Ca va être pire que « Massacre à la tronçonneuse » ...
_Tu te la joues pas un peu trop dramatique ? demanda Marie
Mais au lieu de répondre, son amie s'effondra par terre, prise d'un mal de tête fulgurant. Marie poussa un cri aigu et l'aida à se relever.
_Ca va ? Tu m'as fait super peur ! J'ai cru que t'avais reçu une balle dans le crâne ou j'sais pas quoi, je... Oh mon dieu ! t'es toute blanche !
_Mais non, ça doit être un effet de la lumière, je vais très bien, mentit Elyana.
En réalité, elle aussi avait eu l'impression qu'on lui avait tiré une balle dans le crâne, mais mieux valait que Marie n'en sache rien sinon toute la ville serait bientôt au courant, y compris Laure...
Après deux ou trois secondes de doute, le moulin à paroles (et c'était le cas de le dire !) était reparti : Olivier par-ci, équipe de foot par-là... Une journée banale, quoi !
Le soir, Elyana quitta Marie avec un léger sourire aux lèvres. Sourire qui disparut dès sa maison en vue. Elle prit son courage à deux mains et entra. Une demi-heure plus tard, elle triait le linge sale. Comment aurait-elle pu savoir que Mathias s'était fait renvoyer et que sa mère venait de lui dire de prendre exemple sur sa s½ur quand celle-ci lui avait montré sa note ?
Toujours était-il que son frère et elle en avaient pour des heures de corvées à faire, sans compter les devoirs.
Faire les courses, la vaisselle, la lessive, le repassage, nettoyer le premier étage, dresser la table, etc.... A dix heures du soir, Elyana se penchait enfin sur son devoir d'histoire : une rédaction de cinq pages sur la guerre au Moyen-Age, une horreur !
A peine deux secondes plus tard, on sonnait et elle entendit la voix de Tom Isaacs. Elle dévala les escaliers avec ses notes de sciences que le garçon lui empruntait avant chaque interro. Mais il n'était pas là pour les notes de sciences.
_Tu es fichue, jubila Titi avec un sourire légèrement sadique, maman passera pas au-dessus !
Tom venait inviter Elyana au cinéma, pour l'avant première du fil de Ted Hawks. Et Laure, en effet, avait l'air furieuse. Tom et Elyana la regardaient avec des yeux suppliants et Elyana crut un instant la voir pâlir tandis qu'une lueur de compréhension passait dans ses yeux. Alors, dans un souffle et d'une voix à peine audible, elle dit :
_Mais oui, évidemment... Vas-y Ely.
Pendant qu'elle sortait, mais elle avait sans doute rêvé, Elyana entendit sa mère ajouter « bonne chance ». Pas de quoi troubler la jeune fille, elle était trop occupée à se réjouir du visage dépité de son frère et du fait qu'elle allait passer sa soirée dehors avec... Un nain ! Elle venait de voir un nain ! Impossible de nommer ça autrement : c'était petit, avec un visage triangulaire, de tout petits yeux noirs et des cheveux et une barbe bruns et emmêlés.
_Euh, Elyana, tu es sûre que tout va bien ?
_C'est rien, je pensais à la rédac' d'histoire. Tu as bien avancé ?
_Non, je n'ai que deux lignes... Et toi ?
_Je n'ai même pas commencé !
_Ouah, tu étais vraiment malade alors, s'exclama le garçon.
_Non, j'avais une note...
_Tu te stresses tant que ça pour un bête avertissement ?
_Mon frère a été renvoyé et il y avait beaucoup de linge sale, expliqua Elyana.
_Je vois, assura Tom, qui ne voyait pas du tout.
Elyana sourit intérieurement en voyant la grande affiche du film. Mais comment sa mère avait-elle pu la laisser aller au ciné après qu'elle ait ramené un avertissement ?
Ils entraient dans la salle dix, là où on projetait « Sable Noir », le nouveau film de Ted Hawks, quand elle revit son « nain » en sursautant. Plusieurs personnes lui lancèrent des regards étonnés. Tom regardait dans la direction de l'inconnu d'un air perdu. Ely ne voyait pas le reflet de nain dans les yeux du garçon, et pourtant, il était en face d'eux. Tom ne le voyait pas !
_Mais qu'est-ce que tu vises ? Qu'est-ce qu'il y a de terrifiant par-là ?
_De terrifiant ? Mais rien voyons ! J'ai juste euh... le hoquet !
Le garçon n'eut pas l'air de la croire mais n'insista pas. Mais Elyana, elle, s'inquiétait beaucoup : d'abord des migraines et maintenant des hallucinations ! Elle devenait folle. Adieu, belle carrière de médecin ou d'avocate !
_Tu te la joues pas un peu trop dramatique, murmura-t-elle en repensant à Marie.
_Pardon ?
_Je me demandais pourquoi tu avais deux tiquets...
Brusquement, le rouge monta aux joues de Tom et il se mit à bégayer légèrement. Elyana était ravie de l'avoir mis dans l'embarras puisqu'elle savait parfaitement pour qui, en fait, il avait acheté la place.
_J'avais l'intention de t'inviter depuis un moment...
_C'est sûrement parce qu'elle l'a su que Sophie...
_C'est moi qui ai jeté Sophie, Elyana, s'emporta Tom, parce que c'est toi que je voulais inviter !
Elyana savait très bien que c'était faux : Sophie avait cassé pour se mettre avec un type qu'elle avait rencontré sur Internet ; et Tom ne pouvait pas se permettre de sortir seul, et voulait absolument se venger de son ex. C'était très amusant de le voir se démener pour ne pas perdre la face devant elle. Elle avait compris son plan pendant qu'ils marchaient. Les garçons étaient bel et bien tous les mêmes, et Tom savait qu'elle ne refuserait pas son invitation. Elyana prenait sa petite vengeance de manière à ne plus penser à son soi-disant nain. Malheureusement, le film commença avant qu'elle ait eu le temps de profiter pleinement de la tête rouge vif d'Isaacs.
« Les mecs sont tous les mêmes, pensa-t-elle, des crétins, mais des crétins chanceux ! »
Le film avait un goût de déjà vu et était en réalité un très mauvais film d'action. Elyana avait décroché depuis longtemps et repensait à sa journée. Tout lui revenait inlassablement en mémoire, par flashs incessants. La migraine, la note, le nain, le visage de Laure quand elle lui avait dit bonne chance, la migraine, la note, sa mère, le nain... Le nain ! A quoi ressemblait-il, déjà ? Un peu à cet enfant, au premier rang. Cet enfant qui la dévisageait malgré l'obscurité de la salle. En reportant son attention sur l'écran, il sembla à Elyana que l'enfant en question avait une barbe. Pour s'en assurer, il aurait suffit de le regarder à nouveau. Mais voilà : il n'était plus là !
Avec la lumière de l'entracte, son mal de tête lui revint. Elle se sentait prête à défaillir. Il fallait qu'elle file !
_Excuse-moi je... Enfin... Tu vois, quoi, lâcha-t-elle à Tom avant de s'enfuir tant que ses jambes pouvaient la porter ; et son cerveau les obliger à le faire.
Essoufflée, les mains agrippées au lavabo à en faire blanchir les jointures, elle observait son visage dans la glace. Elle ne pouvait pas croire que c'était son propre reflet qu'elle avait devant elle. La fille qui était là avait bien de longs cheveux ondulés roux foncé, des yeux verts et pas la moindre tache de rousseur. Mais là s'arrêtait la ressemblance : de l'autre côté du miroir, l'adolescente qui la dévisageait avait la peau si pâle qu'on l'aurait crue transparente, et, c'était le pire, des yeux décolorés dans lesquels brillait une faible lueur apeurée et torturée. Ce ne pouvait être elle, Elyana Fontame, la fille qui n'avait peur de rien sauf d'une mauvaise note dans son carnet trimestriel. Où était passée la dureté de ces yeux, et leur indifférence ? Décidément, elle ne pouvait accepter cette faiblesse.
_C'est un cauchemar, murmura-t-elle d'une voix faible et brisée qu'elle ne reconnut pas. Un cauchemar...
Elle avait prit la décision de partir et de laisser Tom à son mauvais film d'action. Le temps de s'asperger le visage et d'arranger ses cheveux et elle pourrait partir.
Mais Tom l'attendait derrière la porte des toilettes. Par chance, Tom lui annonça :
_Ce film est nul. Je ne pense pas y retourner... Surtout ne le prends pas mal, ça n'a rien à voir avec toi !
_C'est super !
_Oui, je sais, je suis désolé, tu s... Quoi ?
_Partons, ce film est sûrement la superproduction la plus foirée de toute l'histoire d'Hollywood...
Il n'ajouta rien et ils sortirent du cinéma en se mêlant à la foule qui affluait d'une salle proche. Pendant le trajet de retour, Tom ne prononça pas un mot. Il était ennuyé et elle était mal. Il était gêné et elle avait peur. Peur de ne pas comprendre ce qui lui arrivait.
Isaacs aperçut soudain sa bande de potes au coin d'une rue. Oubliant totalement Elyana, il engagea une discussion animée sur le foot avec eux. La nuit était tombée depuis longtemps et Elyana commençait à avoir froid. Elle aurait pu s'endormir là, debout. Dans un recoin obscur derrière une maison, quelque chose remuait. Sûrement un chat. Un très gros chat ! Ou peut-être un chien ? Elle faisait de son mieux pour garder les yeux ouverts et remuait ses doigts engourdis par la fatigue et le froid. Ses oreilles sifflaient.
_Pssssst ! Pssssst !
Elle eut brusquement l'impression que le sifflement provenait de la grande maison de l'autre côté de la rue. Et si l'animal était blessé ?
Elle alla vers la maison pour voir ce qui se passait. Plus elle s'approchait et plus elle avait froid et mal. La douleur l'emplissait tout entière, d'abord à peine perceptible puis de plus en plus présente. Une douleur sourde qui battait au rythme de son c½ur, de plus en plus fort mais de moins en moins vite. Elle arrivait avec peine près de l'animal et s'enfonçait dans la pénombre quand elle entendit un murmure juste derrière elle. Une voix grave et un peu rauque. Surprise, elle poussa un petit cri et se retourna dans un sursaut. C'était lui, encore lui. Le nain qui avait été son pire cauchemar tout au long de la soirée. Il était bien là, devant elle. Et une nouvelle fois elle entendit le son grave et rauque de sa voix.
_Il est temps de rentrer chez vous, Elyana Lorena. Nous avons besoin de vous !
_P... Pardon ?Il y a erreur sur la personne, je ne m'appelle pas Lorena et je ne vous connaît pas, bredouilla Elyana.
_Moi je vous dis que vous vous appelez Lorena, s'emporta le nain, et moi, je vous connaît.
_Je suis désolée de vous contredire mais je m'appelle Elyana Fontame et je...
_Ne racontez pas n'importe quoi, Fille d'Héowyn ! Je vais vous l'expliquer une dernière fois : vous vous appelez Elyana Lorena, fille de Noé et de Laure et je suis ici pour vous ramener chez vous. Ne posez pas de questions, imaginez les réponses, ajouta-t-il en la voyant ouvrir la bouche. Fermez les yeux et tendez-moi les mains (il attrapa les mains d'Elyana, qui n'osa pas protester). Maintenant, imaginez-vous loin d'ici. très loin. Bien. Au revoir, Fille du Destin !
D'un seul coup, toutes les sensations éprouvées par Elyana disparurent. La douleur, le froid, ses cheveux qui fouettaient son visage, sommeil, la peur, elle ne ressentait plus rien. Brusquement, son c½ur s'arrêta de cogner dans sa poitrine et le nain disparut, ainsi que la rue, Tom, la nuit... L'univers entier lui échappa. Il ne restait plus que le noir, le tourbillon et elle.

# Enviado el lunes 02 de abril de 2007 17:26

...

Ce doit être le plus vieux truc que j'ai écrit: j'ai écris ce chapitre il y a trois ans! J'avoue que je devrais m'occuper de le réécrire mais je n'ai pas encore écrit la fin, alors si je recommence tout maintenant, je ne suis pas près de l'écrire!
Bon, à une prochaine fois (je parle au vide, moi...)
&v@n$
...
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# Enviado el lunes 02 de abril de 2007 17:31

Chapter 2

Elyana n'osait pas ouvrir les yeux de peur de découvrir que le calme qui l'entourait n'était qu'un produit de son imagination, une illusion montée de toutes pièces par un cerveau fatigué. Sous elle, le sol était mou, elle entendait le bruissement de feuilles d'arbres agitées sous l'effet d'un vent doux qui soulevait quelques mèches de ses cheveux. L'air était rempli d'un parfum de fleur doux comme on n'en pouvait plus trouver à cause de la pollution. Elle était allongée sur le sol et sentait la brûlure du soleil partout où sa peau était découverte. Pourtant, il devenait nécessaire qu'elle sache où elle était maintenant qu'elle se rendait compte qu'elle avait passé la nuit dehors. L'image du nain était bien présente dans son esprit et elle n'arrivait pas à se rappeler ce qui s'était passé quand il avait attrapé ses mains.
En voyant où elle était tombée, elle ne put retenir un petit « oh ! » de surprise. C'était une grande clairière traversée par une rivière. L'herbe était parsemée de petites fleurs de toutes les couleurs, et inondée de soleil, si bien que l'on avait l'impression que toutes les plantes étaient d'or. La rivière filait entre les rochers avec des éclats argentés éblouissants. Les arbres, un peu plus loin, semblaient trop verts et le ciel était trop bleu pour être réel. Les oiseaux chantaient des chants qu'elle n'avait jamais entendus avant. Incrédule, elle se pinça violemment le bras.
_Aïe ! hurla-t-elle en se massant frénétiquement le membre endolori.
Un instant plus tard, l'herbe se mit à bouger tout près d'elle. Son cri avait attiré quelque chose.
_Qui est là, demanda une petite voix fluette.
Prenant son courage à deux mains, elle se leva pour faire face à l'individu. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle découvrit une créature tout à fait étrange, très difficile à décrire, d'ailleurs !
Cela avait un corps de serpent, mais avec six pattes : quatre sur lesquelles elle se tenait, et deux qui semblaient lui tenir lieu de mains. Cela était pourvu d'une paire d'ailes, recouvert de poils brun foncé et cela avait une bonne tête avec deux grands yeux de chien ; doux et un peu tristes.
Quand la chose vit Elyana, elle répéta plusieurs fois « oh non, oh non, oh non ! » en observant bizarrement ses vêtements. Puis soudain :
_Qui es-tu, toi ?
_Euh eh bien, je m'appelle Ely Fontame.
_En voilà un nom ! D'où sors-tu un nom pareil ?
_C'est le nom de ma mère, s'indigna Elyana, vexée.
_De ta mère, s'étonna la créature. Pourquoi de ta mère ? Quel est ton nom complet ?
_Je porte le nom de ma mère parce que je ne connais pas mon père ! Et mon nom complet c'est Elyana Sarah Fontame.
_Elyana ? Elyana ! Oh, nom d'un saphir fané ! Je vous prie d'excuser mon impolitesse et mon indiscrétion, Fille d'Héowyn ! Dire que vous voilà enfin et que je me comporte comme un jeune satyre ! Bienvenue à la Clairière Dorée, Elyana ! Donnez-vous la peine de me suivre, c'est Eryan qui sera heureux de vous voir !
Elyana ne savait plus quoi faire ni quoi dire. Les questions se pressaient dans sa tête sans qu'elle sache par la quelle commencer. Alors elle se contenta de suivre cette créature, puisqu'elle ne semblait pas menaçante. Et en plus, c'était le seul être vivant qu'elle avait vu dans cette fameuse Clairière Dorée. Au bout de cinq minutes de marche, elle en avait plus qu'assez de lui courir après sans savoir où ils allaient.
_Excusez-moi euh... monsieur...
_Oh, nom d'un saphir fané, répéta la créature, quel malpoli je fais ! je ne me suis même pas présenté ! Pardonnez-moi, lady, je me nomme Carlado. Mais appelez-moi Carl, comme tout le monde...
Il semblait aussi dérangé par le fait qu'on l'appelait « Carl » qu'Elyana l'était du fait qu'il la vouvoyait et l'appelait « lady ».
_Ah, fit Elyana. Excusez-moi, Carlado mais... Où allons-nous ?
_Eh bien, chez Eryan, évidemment ! Voyez-vous, lady, Eryan vous attend !
_Cessez de me vouvoyer et appelez-moi Ely, comme tout le monde !
_Il ne me viendrait jamais à l'idée de tutoyer une dame, tu sais, s'indigna Carlado.
_Merci.
_Je te prie ?
_Qui est cet Eryan dont tu parles ?
_Eh bien, c'est le fils du... C'est celui qui habite dans cette cabane, se reprit la créature.
En effet, de cet endroit, ils avaient une vue imprenable sur toute la clairière et apercevaient une cabane en bois à la lisière de la forêt, juste au bord de la rivière.
_Tu n'attendrais pas ici, que je parle à Eryan avant qu'il ne te voie ?
_Comme tu veux.
Carlado s'élança vers la cabane. Il était vraiment très rapide et zigzaguait souplement sur le sol. Décidément, c'était la créature la plus étrange qu'Elyana ait vue.
Elle resta debout devant la rivière en attendant de voir le dénommé Eryan. La Clairière était calme et l'air était doux. C'était un véritable paradis sur Terre. Quoique, malgré son sens des réalités, Elyana commençait à douter être sur Terre.
Elle s'était lancée dans une observation du décor quand elle avait commencé à se poser des questions.
_C'est une belle journée pour rester sur les rives de la Grande Flèche d'argent, c'est un superbe cours d'eau, déclara une voix masculine derrière elle.
Dans le même temps, une main s'était posée sur l'épaule d'Elyana, lui arrachant un cri de surprise.
La voix appartenait à un garçon de deux ou trois ans son aîné, grand, basané... Et bâti comme une armoire à glaces, pensa Elyana.
Ses longs cheveux blonds étaient retenus dans son dos par un lien de cuir et ses yeux bruns brillaient d'une lueur étrange, à la fois douce et autoritaire.

# Enviado el viernes 13 de julio de 2007 05:40